Souvenirs Aikido 2008 - Julien Henriet par Gonojukan

J'ai passé pas mal de temps à consulter les articles du blog de mon club, et cela m'a donné envie de rédiger mes propres réflexions sur le sujet.
Ces articles m'ont plu pour deux choses : d'une part ils prouvent que le club est véritablement vivant et mu par une dynamique constante de communication et de partage, et d'autre part le fond des articles est universel, s'adressant aussi bien aux débutants comme moi qu'aux techniciens de haut niveau. A vrai dire, les articles qui m'ont le plus interpellée sont ceux qui, justement, étaient rédigés par un technicien de haut niveau sur des questionnements dans lesquels je me suis retrouvée; preuve s'il en est que l'Aikido demeure une discipline ouverte, où les grades ne divisent pas le pratiquant chevronné du débutant dans l'esprit du sport, mais uniquement dans son degré de compréhension et d'appréhension de la "Voie" de l'Aikido.

Ne partez pas ! Je sais que ça fait un peu mystique, tout ça, mais le véritable objectif de cet article, c'est d'essayer de comprendre ce qui, dans l'Aikido, m'attire et me stimule.

Alors pourquoi l'Aikido ?

D'abord, avouons-le, par hasard. Je cherchais une activité sportive communautaire (comprendre "permettant des échanges avec les autres"), pas trop contraignante pour mon genoux (rupture du ligament croisé antérieur mal cicatrisé + surpoids depuis quelques années suite à l'accident qui l'a provoqué) ni pour mes horaires professionnels (assez ... souples, dans le mauvais sens du terme). Ayant déjà pratiqué le Karaté pendant quelques années durant mon adolescence, je savais que les arts martiaux me plaisaient et correspondaient à la dépense d'énergie dont j'avais besoin : dense et brève (les randos de 3 ou 5h, ce n'est clairement pas mon rayon...).
Ensuite, il faut avouer que l'Aikido, c'est beau à regarder. C'est très visuel, très spectaculaire parfois, et ce sont des choses qui me parlent bien.
Je n'ai aucune appréhension face à l'adversité et à la compétition. Cependant, étant donné la fréquence à laquelle je la rencontre dans mon milieu professionnel, ce n'était pas un prérequis pour mon temps de loisir. L'esprit de coopération de l'Aikido me paraissait reposant et sain.
Enfin, point non négligeable : ma passion pour la culture japonaise sous tous ses aspects. Pour mémoire, j'ai pris des cours de japonais l'an dernier et planifié un voyage au japon pour l'été prochain pour y fêter dignement mes 30 ans. Je m'adonne régulièrement à la cuisine japonaise (un peu moins depuis mon régime, fatalement), et j'écoute l'actualité culturelle, musicale, politique du Japon avec intérêt.

Le cours d'Aikido que j'ai trouvé rassemblait plusieurs avantages : plusieurs plages horaires dans la semaine, permettant d'avoir l'assurance de participer à au moins un cours par semaine; un cours ouvert à tous les grades, sans distinction, un cours d'essai (on est financière ou on ne l'est pas !), un blog qui m'a permis de me faire une idée rapide du dynamisme du club et de ses membres.

Et hop, après une prise de contact rapide lors d'une journée porte-ouverte du pôle culturel près de chez moi, je décide de tenter ma chance.
Le premier cours est un instant assez crucial, pour moi. J'attendais en particulier de connaître la réponse de mon corps à cette nouvelle discipline. Je m'y étais préparée par des échauffements et des petites séances d'ellyptique à la maison. Psychologiquement, j'étais partie dans le même état d'esprit que pour tout le reste : tout donner, ne pas flancher, ne pas laisser paraître mes appréhensions et profiter du moment.
Cette expérience fut absolument géniale ! Je me suis défoulée physiquement sans pour autant à aucun moment avoir une impression de violence (au Karaté, je me souviens que j'étais souvent dans un état d'esprit assez vindicatif)

Puis les cours se sont enchaînés, et avec eux, mon intérêt pour cette discipline allait croissant. Au début, j'ai bien lu comme tout le monde que l'Aikido était un sport mêlant le développement physique et spirituel, mais j'avoue qu'entre deux roulades, l'aspect spirituel de la chose m'a quelque peu échappé au départ. Et puis, au fur et à mesure, je me suis demandée ce qui m'avait fait rester, et plus encore ce qui m'avait littéralement passionnée. J'en suis venue à vouloir assister non pas à une, mais à toutes les séances de la semaine (3), et à les attendre avec une impatience croissante.

Ceux qui me connaissent un peu savent combien je me passionne vite et intensément lorsque quelque chose accroche mon intérêt. Pour l'Aikido, cela m'a donné la même sensation que lorsque je joue du piano ou que je chante : j'avais trouvé une nouvelle forme d'expression qui me correspondait totalement. Partant de cette sensation, j'ai donc décidé d'en apprendre un peu plus sur ce sport et sur ce qui m'attire et me fait espérer de longues années de pratique sur le tatami.

L'élément majeur qui m'a fait réaliser mon attachement à l'Aikido après si peu de temps s'est produit la semaine dernière. Samedi, plus précisément.
Je venais de recevoir mon carnet d'accueil aux nouveaux licenciés le jeudi précédent, et je l'avais consulté avec curiosité et intérêt dès le lendemain. Samedi matin donc, je m'étais résolue à appliquer ces précepts de mon mieux (et quand on connaît mon tempérament bavard, on mesure un peu mieux les sacrifices que le silence implique :p). Et voilà qu'au cours d'un échange dont j'étais particulièrement insatisfaite, je me suis écriée d'un très sonore "Merde!"
Et là, prise de conscience : j'étais en train de me mettre la pression pour effectuer un mouvement dont j'avais compris la nature et dont j'avais senti qu'il n'était pas bien fait. Mon goût du perfectionisme venait de frapper.

Sauf que ! Le perfectionnisme chez moi est un signe profond d'engagement, d'autant plus que cette recherche s'était faite inconsciemment. Sans le vouloir, j'en étais venue à chercher à ressentir les mouvements afin d'imiter mes professeurs, à tenter de prendre conscience de ce qui m'entourait tout en effectuant la prise... A sauter les étapes, en fait.

En plus d'être passionnée et un peu (si peu!) bavarde, je suis également impatiente. Je suis profondément exigeante envers moi-même, et cela m'a joué des tours plus souvent que je ne saurais le dire.
Et j'ai réalisé que j'avais vraiment envie d'apprendre l'Aikido. Non pas d'enchainer les prises et de "gagner" des grades, mais d'intégrer véritablement les sensations de l'Aikido, de m'imprégnier le corps et l'esprit de cette maîtrise fluide et tranquille qui transpire de chacun des hauts gradés qui m'entourent. J'ai réalisé que j'avais envie d'apprendre la patience, d'intégrer le calme à mon mode de vie, de clarifier mon esprit.

J'ai fait et je fais encore de la méditation et du yoga en dilétante, mais jusqu'ici, rien n'avait réussi à appaiser mon besoin frénétique d'action.
Mais j'ai cette fois bon espoir que l'Aikido m'y aidera.

Je veux être Aikidoka.